Atlantique et El Rustico de Maria Baranda

Atlantique et El Rustico de Maria Baranda

Traduit de l’espagnol par Nicole et Émile Martel

Dans ce choix de textes poétiques de María Baranda, gargouilles et cauchemars, et quelque chose comme « enterrer un corps dans la lenteur du temps », l’eau, la végétation, la mer, « l’aventure de la pluie », espérant effacer quelques taches, s’amalgament. Tout cela transpire dans une langue riche et belle. Aux yeux de mon ami, le mot amour n’a pas d’anatomie (p.15), voilà que tout se passe entre quatre murs, le ciel qui plonge, le sol fécond et signe de mort.

Il trace une image du monde, de ses dernières racines.
Ses détours.
Hors de lui, les barbares, toujours les barbares. (p.55)

Les poèmes se construisent un monde dans une langue solide, avec la liberté de choisir, d’affirmer et de nier, refaire ses racines. Ici, s’installe une écriture qui se veut rassembleuse, tout en restant intimiste, une écriture sensible qui tient le discours de la portée de ses mots. Nous devons en voir un cri qui attend d’être entendu.

Elle sait que dans sa tribune d’immortelles et de tournesols
le cri est un buisson qui croît. (p. 21)

L’auteure : María Baranda est née dans la ville de Mexico en 1962. Poète et traductrice, elle a publié divers recueils de poésie dont Moradas Imposibles, Prix international de poésie Villa de Madrid, paru aux Écrits des Forges en 2000, sous le titre Impossibles demeures, dans une traduction de Fabienne Bradu. Son recueil Dylan y las ballenas s’est mérité le Prix national de poésie Aguascalientes en 2003.

Et écrire était alors mon unique demeure. (p.139)

Paru le 1er novembre 2007

Éditeur : Ecrits des Forges - FIP

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Jean-Pierre Verheggen

Courage / Courrèges

Rappelons-nous que la poésie se niche aussi
dans les voisinages, tant congrus qu’incongrus,
- voire crus ! - de mots parfois peu congénères
qui sommeillent dans le même dictionnaire !
Qu’on les réveille et voilà le substantif courage,
apparemment sans cousinage avec la poésie,
qui soudain s’accoquine, de manière inattendue,
avec André Courrège, le grand couturier,
inventeur , dans les années 60 de la jupe-culotte
qu’osèrent porter en rue de courageuses femmes
prêtes à affronter les quolibets, les regards
lubriques, les injures et autres harcèlements
machistes d’effrontés « passant qui passent »

Saluons donc, aujourd’hui plus que jamais,
ces « hirondelles printanières », ces militantes
avant-gardistes qui n’hésitèrent pas -ô avril ! -
« à se découvrir d’un fil » pour défendre

la Beauté et la Liberté poétique de leur corps !

Jean-Pierre Verheggen « Courage / Courrèges », inédit pour le Printemps des Poètes 2020