Au beau milieu de Pierre Parlant

Auteur : Pierre Parlant

Au beau milieu de Pierre Parlant

de Pierre Parlant, prose poétique

Exister consiste à éprouver des sensations, des émotions, des souvenirs, le parcours d’une pensée, le désarroi, la possibilité de la joie…
On assiste dans cet ouvrage à un drôle de parallélisme intéressant le corps du texte et son intention ; celle-ci en effet s’écrit comme elle peut, par approximations, décalages, dériva-tions ; et prend comme " motif " la perception d’une expérimentation chaque fois au plus près de son fait :
· une voix qui lit
· un cycliste qui vient de chuter
· une fenêtre ouverte sur un paysage, au petit matin
· rejoindre à pieds le rivage marin
L’auteur affine l’observation du va-et-vient entre ce qui arrive et ce qui peut s’en dire, son style très personnel emportant le lecteur dans la tourmente des faits.

La route n’est pas un lit moelleux la dynamo a pris un sacré coup la petite bouteille aussi la joue à terre n’est pas en reste meurtrie comme l’est un chevalier tombé de son cheval saigne un peu deux ou trois gouttes tombent suffisent pour commencer une histoire pour la finir un gosse dans la cour attend toujours de voir l’œil de la maîtresse avoir mal être sûr d’avoir mal pour pleurer pour saigner quand on l’a vu ça faisait un moment que c’était pas arrivé des années des gouttes sur la neige mais c’est juin comment tu t’appelles trois gouttes c’est drôle vraiment c’est drôle on se demande pourquoi on ne tombe plus tellement une fois qu’on est adulte on tombe si peu souvent on tient si bien que ça on tient au point que les mains brûlent comme si elles n’avaient jamais connu la morsure du gravier et le mâchefer dans la cour c’est drôle de mot

Paru le 1er décembre 2002

Éditeur : Atelier de l’agneau

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.