Au blanc de neige

Auteur : Henri Deluy

Au blanc de neige

Le blanc de neige témoigne de la volonté d’opérer un retour à une préoccupation originelle, de saisir, une fois encore, ce qui fait le fonds du rapport qu’entretient le poète à l’univers qui l’entoure. Prosaïque, parfois même matérialiste, le vers d’Henri Deluy s’appréhende comme une traversée, à la conquête d’une altérité qui seule donne corps et consistance à cette présence au monde. Sur la blancheur initiale, à peine marquée d’ « un reste bleu de neige / sur le bleu du ciel », s’impriment peu à peu des figures connues, des lieux traversés, des instants préservés, des couleurs connues ou des minutes égrenées, pour, finalement, faire apparaître le visage de la femme aimée. Chez Henri Deluy, le lyrisme se fait discret, à la mesure des moyens toujours limités dont dispose le poète pour dire son acquiescement au monde. Tout le travaille du poète se traduit ainsi en cette « mémoire devenue artisanale » qui, avec ses propres armes, ne trouve à s’exprimer que dans une confrontation avec l’absolu, « dans une profondeur de ciel ».

Paru le 1er janvier 2007

Éditeur : Virgile/ coll. Ulysse fin de siècle

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.