Au couchant de la terre promise

de Jean Sioui

Au couchant de la terre promise

Une femme a laissé sa voix sur un lit de préjugés. J’ai reconnu son cri. Je l’habite et le propulse dans mes poèmes. Ce recueil de poèmes dédié aux enfants de Joyce Echaquan est un cri du coeur. Jean Sioui, Wendat, et aîné, frappe à la porte de la justice. Le poème, alerte rouge contre l’apathie et l’indifférence, évoque l’histoire tragique des Première Nations. Ce livre est aussi un cri de ralliement et de solidarité entre Autochtones afin de trouver les mots pour nommer et combattre la discrimination systémique.

Né en 1948, Jean Sioui est poète et romancier. Il est Wendat du clan de l’Ours. Il publie en 1997 son premier recueil de poésie, Le pas de l’Indien (Le Loup de Gouttière). Mentor d’une nouvelle génération d’auteurs autochtones, Jean Sioui fonde en 2010 les Éditions Hannenorak avec son fils Daniel Sioui. Il a publié chez Mémoire d’encrier Mon couteau croche (2015) et A’yarahskwa’J’avance mon chemin (2019).

Un blizzard a percé l’écran de ma vie
Tourbillon dans mon coeur
Mon âme l’a saisi
Pour en faire une larme
Qui a mouillé les yeux du monde entier
Le sourire de Joyce m’a dit
Pleure
Apaise les préjugés
Avant que la tempête brise les humains

Paru le 25 août 2021

Éditeur : Mémoire d’encrier

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.