Au hasard de l’homme

Auteur : Jean Perret

Au hasard de l'homme

Je rêve, j’ai peur

C’était quelqu’un qui en revenait
un envoyé, quelqu’un qui avait vu
du dedans l’invisible
du dehors le visible

C’était quelqu’un qui portait deux visages
le visage d’un long aller
le visage d’un lent retour

Et qui disait presq’à voix basse

Je rêve de sables mouvants, d’effacement
là où le plus infime s’épanche
dans un humide remuement

J’ai peur de me souvenir
des enfants rieurs aux mains des bourreaux
de leurs noms de rue, de leurs noms d’Etat
de leurs oripeaux

Je rêve d’un enfant qui ne m’aurait pas quitté
de nonchalance dans un berceau de femme

Paru le 1er décembre 2003

Éditeur : L’idée bleue

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.