Au pied de mon arbre, de Christian Marsan

Au pied de mon arbre, de Christian Marsan

Quand l’encre et la sève se mêlent, quel doux breuvage !

Cet élixir enivrant nous transporte au coeur de la forêt landaise. On se retrouve assis sur une souche bienveillante : l’essence du pin taquine nos narines, le vent soupire et s’engouffre dans nos mèches folles, l’arbre gigantesque offre son sang et l’homme, reconnaissant, s’incline.

Mais quel est donc le secret de Christian et Frédéric, ces deux poètes des bois, alchimistes et généreux ?

Dominique Soulé

Paru le 1er mars 2013

Éditeur : La Crypte

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage