Au sud de l’Occident de Laurent Doucet

Auteur : Christian Viguié

<i>Au sud de l'Occident de Laurent Doucet</i>

Plusieurs choses sautent aux yeux lorsque l’on ouvre le recueil de Laurent Doucet Au sud de l’Occident.
D’abord, le calme, la profondeur et la solennité du calme lié aux paysages marocains. Ensuite, l’absence d’images grandiloquentes, outrancières. Il suffit de lire quelques mots pour s’apercevoir immédiatement que cet ouvrage échappe aux obstacles coutumiers qui abondent dans les carnets de voyage et dans les récits poétiques. Nul éblouissement ingénu, nul parasitage culturel ne viennent troubler ou falsifier la parole. […]
Au sud de l’Occident est un livre de transmutations, une montagne de sable qui répand et modifie à loisir formes et couleurs, reflets et consistances, vérités et illusions. Notre devoir à travers lui et de reconsidérer l’immuable et le mouvant.
Extrait de la préface de Christian Viguié

Extrait :
Les neiges
et le sel
et l’eau turquoise des azuls
tu ne pensais pas les retrouver aux portes du désert

Snow
and salt
and azuls turquoise waters
you did not expect to find them again at the edge of the desert

TRADUCTEURS : Julien Bernard (bassiste et chanteur-compositeur en anglais du groupe 7 Weeks), David M. Thomas (écrivain gallois né en Angleterre qui vit et écrit à Limoges), Dan Wood (professeur d’anglais et traducteur).

Paru le 1er avril 2015

Éditeur : La Passe du Vent

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage