Autant que ciel ce peut d’Etienne Orsini

Auteur : Etienne Orsini

Autant que ciel ce peut d'Etienne Orsini

Préface de Salah Stétié

"La tête des mauvais jours
Ne tient
Qu’à un cheveu
Sur les épaules

Est-ce dans ce cerveau
Qu’un bateau prend l’eau ?

Par gros temps dedans

Il ferait meilleur
Habiter la rue

S’en tenir aux hens
Pour ne pas sombrer
Tout au fond de soi

A cause d’une simple
Tête des mauvais jours".

Paru le 1er mars 2010

Éditeur : Le nouvel Athanor

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.