Aux portes interdites

Auteur : Paul Pugnaud

Aux portes interdites

"Mystère facile de l’ombre
Dans la citerne où l’eau clapote
Sous la voûte qui l’emprisonne
L’image nous fait croire
A la présence du passé."

Poèmes posthumes. D’acteur naviguant parmi tous les éléments, il est devenu spectateur impuissant d’une vie qui, comme une pierre, se désagrège. Nous participons à la dernière étape alors que "nos mains se tendent/ sans atteindre le souvenir". (Postface de René Rougerie).

Paru le 1er septembre 2005

Éditeur : Rougerie

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Je suis la fille du baobab brûlé

Elle a une main dans la main du désir
Nous ramons en haute mer
Les eaux suffoquées cassées
Masses pendues aux os tendres
Où je meurs dialogue des corps
Le voyage est infini sur les routes de lumière
Le vin des amants est un baiser mortel

Au chant de la bien-aimée
Un soupir rend l’éternité
Mêlant l’anatomie des sens
Notre histoire refuse la chronique des héros
Le sexe humide du poème
Nourrit l’espérance du monde
Nous arriverons ensemble
Nous cheminerons ensemble
Nous partirons ensemble
Au contrepoint de la terre

Ce qui n’est à personne est à moi
J’embrasse le crépuscule d’eau
Je suis debout au flanc des nuages
Je respire l’air frais du soir
Tant qu’il y aura une étoile
Je brillerai avec ma chanson
Et je chanterai à voix de tête

Rodney Saint-Éloi, Je suis la fille du baobab brûlé, « Elle a une main dans la main du désir », Mémoire d’encrier, 2015.