Avant la fin le temps de Germaine Beaulieu

Avant la fin le temps de Germaine Beaulieu

Avant la fin le temps, douzième recueil de poèmes de Germaine Beaulieu, paraît aux Écrits des Forges dans une coédition avec l’éditeur français Éditions Henry.

Avant la fin le temps nous plonge dans un univers où l’amour, la guerre, l’enfance et la mort se côtoient à travers des tableaux où le temps sonne constamment l’urgence du moment présent : « Chaque mise verrouille le passé, ouvre l’avenir ». « Sur la seconde, une pulsion glisse, donne à l’âme son beau matin de vie. »

Des métaphores d’ombre et de lumière se rejoignent mettant parfois en évidence certains pièges issus du simple fait d’exister : « De chaque côté de la vie, des trottoirs en forme de rampe sanglent nos corps. Nous évitons l’abîme. »

L’auteure décrit l’amour comme une sorte de clé magique ouvrant sur la vie : « Un frisson libère nos corps de l’odieux. Lorsque l’univers fait le tour de tes yeux et s’arrête, la clarté, enfin, surgit. » « Nous tenons, entre nos lèvres enlacées, l’ambition d’un monde vivant. »

Poète, romancière et photographe, Germaine Beaulieu est également psychologue en pratique privée. Surtout publiée aux Écrits des Forges, son œuvre poétique regroupe une douzaine de recueils dont D’Acier de parfum de chair (2005), Ailleurs au même instant (2002) et Trois voix l’écho (2000). Elle a également fait paraître un roman : Sortie d’elle(s) mutante (1980) ainsi qu’une série de cartes postales/poèmes.

Paru le 1er juin 2008

Éditeur : Ecrits des Forges - FIP

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.