BRÛLEPOURPOINT

Les éditions BRÛLEPOURPOINT sont coordonnées par Stéphane Korvin.

Elles ont pour vocation de ré-éditer des auteurs de poésie oubliés et des livres devenus introuvables.

Désireux de renouveler le champ de l’expérience poétique, BRÛLEPOURPOINT se propose de donner à lire des textes dont la langue et l’intensité ont marqué ses lecteurs, sans pour autant connaître une réception permettant une diffusion continue de leur oeuvre à travers les années.

Agnès Rouzier par son écriture éclatée et brûlante, la violence de son désir à traverser le livre, apparaît comme cet écrivain exemplaire lancé corps et âme à la recherche de la phrase et ses symptômes.

Non, rien est un début.
Dire, encore son prolongement.

Contact

75017

Paris

Dire, encore, d'Agnès Rouzier

1er juin 2015

Dire, encore, d’Agnès Rouzier

Ré-édition des textes posthumes parus dans Le fait même d’écrire en 1985 (CHANGE/SEGHERS) agrémenté d’un poème paru dans le journal Le Monde, édition du 19 avril 1982.
LETTRES À UN ÉCRIVAIN MORT SÉRÉNITÉ PETITE MAISON À HAUTE VOIX LA FOLIE JOURNAL I&II ÉCRIRE…
Première page
« Mon cher Rilke,
Étrange la ville. Étrange la promenade : cette grisaille ramassée et bavarde. Partout nous regardions. Automates courtois, nous portions en nous ta lettre. Elle nous étiquetait sur le brouillard. Si trouble que soit (…)

Non, rien, d'Agnès Rouzier

1er juin 2015

Non, rien, d’Agnès Rouzier

Ré-édition du chef d’oeuvre d’Agnès Rouzier paru en juin 1974 dans la collection CHANGE aux Éditions SEGHERS/LAFFONT, augmenté d’une préface de Jean-Pierre Faye et suivi de quelques pages écrites par Agnès Rouzier après la parution.
Première page
« Comme si chaque pas, chaque mot te dissolvaient — et tu t’affaisses — ou que tous en même temps t’exhaussent, avec quels rires, quelle préciosité, quelles pauses, — tu t’avances au bord ondulé d’une frontière dont tu es le seul à connaître les anses, les passages (…)

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.