Bacs de Loire, bacs de Gironde

Auteur : Bernard Bretonnière

<i>Bacs de Loire, bacs de Gironde</i>

Bernard Bretonnière, road-poem
Wilfried Guyot, 59 photographies

Road-poem est le nom qui s’est imposé pour définir cette écriture en vers très libres fondée sur plusieurs longues promenades de plusieurs jours, principalement en voiture, entre les points marquant les embarcadères de ces quatre bacs.
Promenades nourries d’observations et de rencontres, de réflexions débridées, de géographie, d’histoire, d’art et de littérature dans la compagnie, particulièrement, des poètes Jules Supervielle et Henri Michaux — le second admirateur du premier.
Ni guide, ni dépliant mais évocation plutôt qu’étude, ce livre délibérément subjectif associant photographies et poème laisse libre cours, de flâneries en digressions, à quelques questions sans réponses et aux approximations des auteurs, promeneurs solitaires ou moins solitaires, mais toujours curieux, au hasard des routes et des rivages estuariens de Loire et de Gironde.
Les photographies spontanées et instinctives de Wilfried Guyot, suggérant plus que montrant, s’attachent à interroger, jusqu’en dehors du cadre selon l’idée de Robert Frank, le moment de suspension que vivent les passagers des bacs au cours de leurs brèves traversées : huis clos, temps de non-action offert à la méditation, à la réflexion, à la contemplation, regard perdu dans le vague.

Paru le 1er novembre 2008

Éditeur : La Part des anges

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.