Badgad sous l’ordure de Dominique Dou

Badgad sous l'ordure de Dominique Dou

Voici Bagdad, la ville qui est dite ici avec splendeur par une femme poète : Je t’ai connue - la voici connue absolument, par un poème où devient possible la connaissance de ce qui est le plus muet et inconnaissable, et ici se prononce dans les strophes du mouvement et de la victoire du langage, portant à même le sol ravagé. Où la langue se parle à soi-même, et d’elle-même, de poème en poème, elle qui est l’aéronaute sur le tarmac, touchée entre les voyelles ouvertes. Et le livre entre les mains et qui tient debout, elle qui sera le corps qui est livre même : entre les voyelles, le livre et les mains, le livre qui tombe des pyjamas blancs, et des tissus noirs par celle-ci, le poète femme, elle la poète, elle dont l’écriture s’ouvre pour une grande marche de poèmes.

extrait de la postface de Jean-Pierre Faye
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couverture Isabelle Clement

Paru le 1er mai 2017

Éditeur : Henry

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.