Balbuciendo de Michèle Finck

Balbuciendo de Michèle Finck

Balbuciendo est le premier ouvrage de Michèle Finck publié par les Éditions Arfuyen, et son second recueil. Il y trouve cependant tout naturellement sa place tant sa démarche présente d’affinité avec la ligne des Éditions.
Longtemps, Michèle Finck n’a publié ses poèmes que dans des revues (en particulier Polyphonies, et le Nouveau Recueil). Ce n’est qu’en 2007 qu’a paru son premier recueil, L’ouïe éblouie, qui réunissait plus de vingt ans de poésie (aux éditions Voix d’encre). De ce premier livre, Jean-Yves Masson écrivait : « Voici le langage à l’état naissant. Voici l’extase antérieure aux significations mortes qui encombrent notre cerveau. […] Poésie et musique ici célèbrent de nouveau leurs noces mystiques, splendides et troublantes. Jusqu’à l’éblouissement. Jusqu’à l’illumination. Jusqu’à l’enchantement » (Magazine littéraire, nov. 2007).
Parallèlement à l’écriture poétique, Michèle Finck a traduit des poètes allemands (Trakl) et publié des études sur Yves Bonnefoy et Claude Vigée, ainsi que des essais sur les rapports de la poésie avec la danse (Poésie moderne et danse. Corps provisoire, Armand Colin, 1992), avec la musique (Poésie moderne et musique. Vorrei e non vorrei. Essai de poétique du son, Champion, 2004) et avec les arts visuels (Giacometti et les poètes. « Si tu veux voir, écoute », Hermann, 2011).
Les années d’écriture de Balbuciendo sont des années de repli sur soi et de travail poétique plus monacal, durant lesquelles elle médite au quotidien l’interrogation rilkéenne des Lettres à un jeune poète : « Mourriez-vous, s’il vous était défendu d’écrire ? » Années marquées par la double épreuve d’une séparation en 2004 et de la mort du père en 2008.

Paru le 1er octobre 2012

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.