Ballade du passage

Georges Cathalo

Vivants blindés
Gisants de glace
On vit on passe
Dans une ondée

Cœurs déchirés
S’agitent et cassent
Faute de place
Couteaux tirés

Esprits bridés
Désirs fugaces
La vie déplace
Les coups de dés

Toute pensée
Ou toute audace
Sous la menace
Est dépassée

Destins froissés
Au fond des nasses
Muets s’entassent
Les temps passés

Poème
de l’instant

terrains vagues

Tu cueilles pour moi
des mûres poussiéreuses
au goût de septembre
et pendant qu’entre mes dents
je tente d’écraser les petites graines
je me dis que grandir
c’est à chaque fois quitter l’été.

Géraldine Hérédia, terrains vagues, Le port a jauni, 2021.