Barque pierre de Frédérique de Carvalho

Barque pierre de Frédérique de Carvalho

« cette fois la barque était / de pierre / un granit échoué entre lande / et forêt »

Barque pierre est né de la résidence, à l’automne 2019, de Frédérique de Carvalho à l’ancienne poste de Plounéour-Ménez, au cœur des monts d’Arrée, « pays d’attache » où « la lande aura dressé / la table » d’écrire, la « bogue hérissée de l’instant » à portée du carnet.

La narratrice, « elle », se retournant tel Orphée sur une Eurydice pourtant « déjà morte », se retrouve confrontée, comme convoquée, à un corps à corps avec une mémoire — l’enfance, la mère, le « désir ensablé ». Une voix s’impose et occupe l’« obscur » de la langue, « elle dit » comme malgré elle, elle se demande « de quelle mémoire revenir et si c’est possible ». Par le biais d’accroches comme autant de didascalies sont notés l’entremêlement des espaces et des temps (de grammaire, de durée ou de saison), sont posés les remarques, injonctions ou apartés qui façonnent un geste de parole — où l’écriture, « lieu soustrait », est espace et désir.

« elle dit que son travail de vivre est de bouger les immobiles / elle dit de déplacer la pierre / elle ne sait pas comment »

Paru le 15 juin 2020

Éditeur : Editions isabelle sauvage

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lettre à Louise Colet

Croisset,
Vendredi 16 septembre 1853,
Minuit,

N’importe ! Mourons dans la neige, périssons dans la blanche douleur de notre désir, au murmure des torrents de l’esprit, et la figure tournée vers le soleil !

Gustave Flaubert, Lettre à Louise Colet, Lettre du vendredi 16 septembre 1853.