Bientôt l’éternité m’empêchera de vivre

De Jean-Claude Barbé

Bientôt l'éternité m'empêchera de vivre

« En 1960, Jean-Claude Barbé a seize ans. Il est poète. Une nécessité intérieure le brûle. Il écrit. Des textes, fiévreux, plus ou moins longs, en prose, en vers, des contes, des courtes pièces de théâtre injouables. Mais toujours, en lui-même, il nomme ses écrits poésie. Il lit, se délecte du parcours imaginaire des autres, dialogue secrètement avec les Grands, lui le si jeune adolescent encore. Un an ou deux plus tôt il a lu Les Aventures d’Arthur Gordon Pym. Sa première rencontre, décisive, avec l’Imaginaire (qu’il graphiera toujours avec cet I majuscule). Le collège l’ennuie, ne lui enseigne rien des rêves, des grandes échappées de l’esprit, du sens mystérieux qu’il pressent de la vraie vie, celle qui est dans une autre sorte de « réalité », celle qui se déploie dans certains livres dont on ne parle guère à l’école, dont on ne parle jamais. Autre chose existe. Il le sait. Il y a des poètes… » Pierre Vandrepote

Paru en octobre 2021

Paru le 25 octobre 2021

Éditeur : Le Réalgar

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Eugenio de Andrade

Blanc sur Blanc

Traverser le matin jusqu’à la feuille
des peupliers,
être frère d’une étoile, ou son fils,
ou peut-être père un jour d’une autre lumière de soie,

ignorer les eaux de mon nom,
les secrètes noces du regard,
les charbons et les lèvres de la soif,
ne pas savoir comment

l’on finit par mourir d’une telle hésitation,
un si grand désir
d’être flamme, de brûler ainsi d’étoile
en étoile,

jusqu’à la fin.

Eugenio de Andrade, Blanc sur Blanc, Traduit du portugais par Michel Chandeigne, Éditions de la Différence, 1988.