Blaise au Brésil

« Ça se passe sur le Formose, le paquebot sur lequel Blaise Cendrars embarque en 1924.
Bulo épluche des pommes de terre, lave le pont et regarde la mer, les cormorans, les colibris, les navires… et tant d’autres détails essentiels que Blaise Cendrars lui donne à voir. Il envoie aussi des Lettres-Océans, les cartes postales que Blaise fait parvenir à sa fiancée.
Pour Blaise Cendrars, la poésie se vit plus qu’elle ne s’écrit, et vivre c’est partir. Dans ce périple, Bulo va donc inviter les enfants à la découverte sensorielle, au voyage, à la poésie quoi !
Quand j’ai décidé de créer un spectacle pour les enfants, Blaise Cendrars s’est imposé comme une évidence. J’avais envie de proposer une passerelle vers la poésie, or celle de Cendrars invite avant tout à « vivre la poésie ». Mon choix s’est arrêté sur le recueil Feuilles de Route car il peut aisément donner aux enfants l’envie du voyage, le désir d’écrire et le goût de la poésie.
Le personnage de Bulo prend ainsi en charge nombre de poèmes, petit mousse inventif et curieux, il suit et admire ce mystérieux Blaise. Il est un pont entre la carrure de Blaise Cendrars et la candeur du public que nous avons choisi. L’audacieux pari est en effet que la quasi-totalité du texte énoncé sur scène soit tirée du recueil.
D’autres poèmes revivent leur premier destin, ils sont traités comme des cartes postales adressées à Raymone Duchâteau, la fiancée de Blaise Cendrars restée à Paris. Et au recto, se trouve l’illustration de Tarsila do Amaral, colorée et joyeuse. Il y a aussi les chansons entraînantes d’Alexis Anérilles et Clément Ducol composées pour nous à partir des poèmes. »

Delphine Briard



Il existe deux versions du spectacle : l’une pour les maternelles, l’autre pour les élémentaires.
Durée : 40 minutes (version 3/6 ans) ; 45 minutes (version 6/12 ans)

Delphine Biard : écriture, création, interprétation
Lionel Vidal : création lumière et son
Brice Athimond et Julien Colin :création graphique
Clément Ducol et Alexis Anérilles : composition musicale

Site du troupeau dans le crâne



Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.