Blockhaus de Maud Thiria

Blockhaus de Maud Thiria

Encres de Jérôme Vinçon.
Préface de Jean-Michel Maulpoix.

enfant tu te demandes
si toutes les maisons ont
leur repli
leur terrain de jeu de guerre
et leur cachette ouverte
qui ne serait pas celle des greniers des dessous d’escalier obscurs
tu te demandes
si dans toutes les maisons
on se tient voûté
tapi
là par effraction

« Maud Thiria évoque dans ce nouveau livre les bribes de souvenirs qui s’attachent à la présence toute proche d’un blockhaus au fond de son jardin d’enfance. Mieux, elle le constitue en lieu mental et en fait la table d’orientation de son écriture.
Quel est donc ce blockhaus, à demi enfoui dans son imaginaire ?
Une masse grise et sale de béton brut à l’odeur acide de terre et de peur. Une cachette paradoxale pour l’enfant : moins un abri qu’une cavité inquiétante où se blottir au plus près de son propre inconnu, lové dans la peur. Là réside le fantôme d’un danger imminent, l’ombre sourde d’une menace, comme si un ennemi se cachait, tout proche, non pas extérieur mais intérieur au blockhaus et à son odeur forte d’urine et de misère humaine. »

Extrait de la préface de Jean-Michel Maulpoix.

Paru le 11 septembre 2020

Éditeur : Aencrages&Co

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Son éclat seul me reste

C’est une chose terrible que l’on n’ose s’avouer, et encore moins écrire – que des êtres que l’on aime et que l’on espère toute sa vie, des êtres que l’on implore et que l’on attend sans plus y croire, vous libèrent lorsqu’ils partent, même si les conditions de leur mort sont irrecevables, inacceptables. Ils partent et vous délivrent d’une attente infinie.
Libérée de l’attente, je peux désormais te convoquer et entreprendre avec toi des voyages clandestins.

Natacha Wolinski, Son éclat seul me reste, Éditions Arléa, 2020.