Bob Dylan

Bob Dylan, de son vrai nom Robert Allen Zimmerman, naît le 24 mai 1942 à Duluth au Minesota.

Robert est très jeune lorsqu’il s’initie au piano, à la guitare ainsi qu’à l’harmonica, en découvrant bon nombre de chanteurs de blues et de country, notamment Hank Williams, Muddy Waters ou encore Howlin’ Wolf. Très rapidement, il s’intéresse à la musique d’Elvis Presley, de Buddy Holly et de Bill Haley, et joue pour des groupes tels que Les Jokers, puis les Golden Chords. C’est à cette période qu’il décide de prendre le nom de Bob Dylan.

En décembre 1960, Robert, devenu Bob, part à New-York pour y rencontrer son modèle Woody Guthrie. À son arrivée, il décide de s’installer dans le quartier bohème de Greenwich Village où cohabitent chanteurs, artistes et militants politiques. Le soir même, il joue au café Wha ?. La rencontre avec Woody a lieu à l’hôpital dans lequel ce dernier est alité. Les visites se multiplient et les deux hommes sympathisent.

Bob joue alors régulièrement au Gaslight ainsi qu’au Gerde’s Folk City et se lie d’amitié avec d’autres artistes folk tels que Pete Seeger et Dave Van Ronk. À l’automne, à la suite de la lecture d’une chronique élogieuse à son sujet parue dans le New York Times, John H. Hammon, dénicheur de talent, décide de rencontrer puis d’engager Bob pour le label Columbia. Son premier album intitulé Bob Dylan (1962) reprend des classiques du blues et de la folk.

« Blowin’ in the Wind » est la première chanson de son deuxième album intitulé The Freewheelin’ Bob Dylan, qu’il commence à enregistrer en juin 1962. La chanson est constituée de trois strophes, chacune composée de trois vers. Chaque vers comprend une question, dont la réponse, toujours identique, constitue le refrain. Elle restera l’un de ses plus grands classiques. Son style d’écriture varie au cours de la confection de cet album et de The Times They Are A-Changin’, certains textes sont engagés, marqués par l’actualité sociale et politique de l’époque. Il deviendra, par les mots qu’il emploie et les idées qu’il véhicule, le prétendu porte-parole de toute une génération. Lui dira ne jamais avoir souhaité représenter quiconque.

C’est en 1965 que Bob fait un premier pas vers le rock avec l’album Bringing it All Back Home, composé d’une face électrique et d’une autre acoustique. Quelque peu désavoué par certains « puristes », il décide de tout de même se produire avec une formation électrique au festival de Newport du 24 juillet 1965. Il trouble les esprits, déchaîne les critiques mais conquiert aussi de nouveaux admirateurs.

Quelques semaines plus tard, Bob sort Highway 61 Revisited, premier album complètement rock dont le single « Like a Rolling Stone » constitue un aboutissement. Peu de temps après, il entame l’enregistrement de Blonde on Blonde, premier double album de l’histoire du rock. Le style qu’il défend est désormais clair, une voix poétique mêlée à des sonorités rageuses et rock.

Au cours de l’été 1966, Bob est victime d’un accident de moto le contraignant à annuler une tournée. Pendant sa convalescence, il mène une profonde réflexion sur l’image qu’il renvoie par le prisme médiatique.

À partir de la fin de l’année 1967, Bob sortira de nombreux albums, tous empreints de sa poésie et de ses influences musicales et littéraires. En 1973, il compose la bande originale de Pat Garrett & Billy the Kid, western dans lequel il joue. Cinq ans plus tard, il réalise Renaldo and Clara, film mêlant captations de concerts, séquences documentaires, interviews et bribes de fiction. Le film est très mal reçu par la critique, puis finalement retiré de la distribution par Bob lui-même.

En 1979, Dylan se convertit au christianisme et se met à écrire sobrement à propos de spiritualité, évoquant aussi sa relation avec Dieu. Si son premier album Slow Train Coming aux côtés de Mark Knopfler est réellement particulier et novateur, les deux qui suivent, Saved et Shot of Love sont quant à eux plus traditionnels, reprenant en un sens les racines du gospel.

À partir des années 1980, les thèmes abordés dans ses chansons tournent toujours autour de la spiritualité, mais ceci de manière plus nuancée. Il inclue également quelques réflexions sur la question amoureuse, la sémantique rastafari, le judaïsme, ainsi que la société. De son propre aveu, Bob a un peu plus de mal à écrire, sa facilité s’étant quelque peu érodée.

En 1988, le Never Ending Tour prend son élan et Bob sillonne ainsi le monde à l’impressionnant rythme d’une centaine de concerts par an. En 1989, son album Oh Mercy le remet sur le devant de la scène.

En 1997, Bob reçoit les honneurs du pape Jean-Paul II en Italie, puis ceux de Bill Clinton à la maison blanche. Il compose également l’album Time Out of Mind, grandement apprécié par les critiques. Les années qui suivent montrent un certain nouvel éveil, autant musical que littéraire, avec ses deux albums Love and Theft de 2001 et Modern Times de 2006.

Il publie également ses Mémoires intitulées Chronicles dont le premier volume paraît en 2005 en France chez Fayard.

Le 13 octobre 2016 a valeur de consécration inattendue pour le poète et chanteur qui se voit décerner le Prix Nobel de littérature, premier du genre pour un musicien.

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