Bouger les lignes

Florence Saint-Roch

Bouger les lignes

Saint-Omer est la base arrière de Calais – les migrants s’y regroupent, s’y replient, s’y réfugient ; du mieux possible, énergies et bonnes volontés tâchent de leur venir en aide. France Terre d’Asile a créé une structure, la Maison du Jeune Réfugié, devenue Maison d’Insertion et d’Éducation, où Florence Saint-Roch, régulièrement, anime des ateliers d’écriture avec des mineurs en attente de scolarisation. Dans Bouger les lignes, hommes et oiseaux tressent leurs voix : mus par une nécessité vitale, les uns fuient leur pays, les autres partent hiverner sous d’autres cieux. Tous ont tant à nous dire…

Extraits :
Comment se figurer
Les hommes la terre
Et tout le tremblement

Notre présence dérange
Empêche les feintes et les ignorances

Où qu’on aille visible ou non
Toujours une frontière
L’éternelle question

Les courants nous changent nous répètent
Millénaires migrations

On se pose sur l’air

Tout ouverts à l’absence de frontières
On évolue en connaissance profonde

Notre vol et rien d’autre
Un immense embrassement

Paru le 13 août 2021

Éditeur : L’Ail des ours

Poème
de l’instant

Philip Larkin

Où vivre, sinon ?

Is it for now or for always
The world hangs on a stalk ?
Is it a trick or a trysting-place,
The woods we have found to walk ?

Is it a mirage or a miracle,
Your lips that lift at mine :
And the suns like juggler’s juggling-balls,
Are they a sham or a sign ?

Shine out, my sudden angel,
Break fear with breast and brow,
I take you now and for always,
For always is always now.

Philip Larkin, Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.