Brefs impératifs de Shoshana Rappaport

Brefs impératifs de Shoshana Rappaport

Dearest
C’est fou ce que ces mots sont violents.
(On a beau dire, c’est fou.) On a beau se croire prémuni. On a beau être prévenu, les voilà, ces mots, justement. Lentement, sourdement, ils affectent.
Et l’on est lesté subitement d’un poids inattendu. Les gestes ralentissent, les pas également, la voix s’infléchit. Le ventre se noue tout comme la gorge. Hantés. Meurtris ? Pas encore. Seulement soufflés, brutalement aux aguets. Trop peu de verbes à disposition. Même les phrases : veule, le langage se délite, aveugle, lâche.
Le cœur vous file entre les doigts. On éprouve une sensation étrange. Ou une absence de sensation. Nul repli possible. Nulle issue. Pourquoi donc ?
(Recréation d’une âme enfantine, où l’analyse minutieuse des sentiments, d’une profondeur remarquable, laisse, je l’imagine parfois, le lecteur pantois.)
Successful ?

Paru le 1er avril 2010

Éditeur : L’Act Mem

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.