Bruit Blanc

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Paris

Collège de Jérôme-David Suzat-Plessy

1er mars 2013

Collège de Jérôme-David Suzat-Plessy

à l’heure où se ferment les cercles
j’argumente face au soleil
tandis que se délient les doigts
et que les rails parallèles
marquent la fin du voyage
les intenses regards sont des regards d’aveugles
les enfers ne s’ajoutent pas
ton centre est dans la mer
le mien n’est que nuée

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.