C’est aujourd’hui toujours (1947-1998)

Auteur : Alain Jouffroy

C'est aujourd'hui toujours (1947-1998)

(poèmes 1947 - 1998)

Préface de Michel Onfray

Alain Jouffroy a toujours été un poète qui a célébré la première personne du singulier, et qui a toujours su remarquablement exprimer les projets de chacun de ses ouvrages. Ainsi pour C’est aujourd’hui toujours qui paraît désormais en Poésie/Gallimard : « Le message codé nommé "poème" s’adresse à la solitaire sans bague / au solitaire en tous : il révèle à la loupe les contradictions internes du sujet, ses élans, ses volontés, ses besoins, ses exigences, jusqu’à plus soif. Écrire sur le dos d’une seule main le télégramme général (enragé) où l’on fait part de sa théorie provisoire, tel me semble en tout cas le maximum de liberté perceptible à la lecture. Qu’on l’envoie par lettre, par livre ou par bulletin hebdomadaire, peu importe l’inscription accélérée fait mouche quand elle ne répète aucune parole déjà dite. La liberté consiste à former pour la première fois un sens multiple : syntagme, geste, silence, décision. En avançant dans l’espace ouvert par les jambes désirées, on assiste ; la concentration spontanée de tous les signes du dedans qui se préparent au rut. Les hésitations fondent. Mais le feu dont on dit tant de bien par lyrisme ne se présente plus sous forme de flammes, mais de mots-clés. »
C’est aujourd’hui toujours est paru dans la collection blanche en 1999.

Paru le 1er mars 2005

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.