C’était hier et c’est demain

Auteur : Charles Autrand

<i>C'était hier et c'est demain</i>

Co-édition Le Printemps des Poètes/ Seghers

Cette anthologie, qui compte plus de deux cents poèmes, se donne pour vocation de fêter des « retrouvailles » avec des poètes français de la seconde moitié du XXème siècle, méconnus ou menacés d’oubli.
À cette ambition patrimoniale, qui consiste à faire entendre des voix qui se sont tues, répond une intention d’ordre politique : en poésie, comme en toutes choses, l’avenir a besoin du passé. Certains poètes d’hier, aujourd’hui laissés pour compte, seront peut-être ceux de demain.

Les auteurs présentés dans cette anthologie ont été actifs entre 1950 et les années 1980, à une époque où les Éditions Seghers jouaient un rôle majeur dans la diffusion de la poésie.
À l’instar de Pierre Seghers, Guy Lewis Mano ou Guy Chambelland, certains de ces poètes furent des acteurs importants de l’édition française ; d’autres, comme Michel Manoll ou Luc Bérimont, donnèrent vie à des mouvements littéraires (notamment l’École de Rochefort) ; d’autres encore, par leur propre destin enténébré, sont devenus ce qu’il est loisible de nommer des poètes maudits. Mais en dépit de leurs différences, tous ont connu le contexte particulier des années 1950, la guerre d’Algérie, Mai 68, l’espoir d’un monde meilleur.
Cette anthologie consacre trois pages à plus de soixante poètes – tous disparus – qui furent actifs entre 1950 et 2000, parmi lesquels : Maurice Audejean, Gabriel Audisio, Charles Autrand, Luc Bérimont, Alain Borne, Marcel Béalu, Guy Chambelland, Jean-Pierre de Dadelsen, Christian Da Silva, Luc Decaunes, Jean-Pierre Duprey, Louis Emié, Pierre Emmanuel, Luc Estang, Pierre Gabriel, Robert Giroux, Georges-Louis Godeau, Xavier Grall, Armel Guerne, Bernard Hreglich, Roger Kowalski, Olivier Larronde, Jean-Marie le Sidaner, Guy Lewis Mano, Armen Lubin, Michel Manoll, Armand Monjo, Pierre Seghers, Jean Tortel, Angèle Vannier, Paul Vincensini.

Paru le 1er mars 2004

Éditeur : Seghers

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes