Cairn n°15

Cairn n°15

Les 2 versants nature/culture sont évoqués poétiquement par Jacqueline Held : « Arbre sage, arbre docile,/Peigné, brossé, toiletté…/Arbre sauvage, arbre fou,/Escaladant/La lune et les étoiles ». Chacun son rapport à l’arbre. Dan Bouchery apprend à dessiner avec un peuplier pour modèle puis relâche dans la nature une pousse de marronnier qui poussait dans sa cuisine. Catherine Leblanc esquisse le cyprès, « silhouette de Giacometti ». Fabrice Marzuolo évoque « Les arbres dans la ville » comme dit la chanson des années 70 de Maxime. Guy Chaty décrit le peuplier et le « frémissement haletant de chacune de ses milliers de feuilles, qui contraste avec l’immobilité tranquille du tronc ». Puis l’érable de Luce Guilbaud, le citronnier et le figuier de Constantin Kaïteris, le pamplemoussier exubérant de fruits de Daniel Biga, le cerisier en fleur de Ghislaine Lejard, le tilleul bruissant de hannetons et de scarabées dorés de Béatrice Machet-Franke. Les rêves de cabanes dans les arbres de Marcel Migozzi et Danielle Georges, la ronde des arbres : baobab, noyer, seringat, eucalyptus de Jean-Claude Touzeil. Claude Held s’interroge : « Faut-il être dans le vent ? ».

Paru le 1er septembre 2015

Éditeur : éditions de la pointe Sarène

Genre de la parution : Revue

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.