Cartes postales

Auteur : Henry Jean-Marie Levet

Cartes postales

Henry Jean-Marie Levet était un jeune dandy qui, sous des allures d’esthète britannique, exerçait la fonction de diplomate. À sa mort, il avait seulement publié deux plaquettes de poèmes confidentielles avec des épigraphes de Laforgue et de Rimbaud. Il y eut aussi un Levet chansonnier et vaudevilliste qui collabora au Courrier français, l’un des journaux les plus importants de l’époque. Mais ce qui fera la gloire posthume de Levet, c’est la douzaine de poèmes constituant les Cartes postales qui ébahirent Larbaud - il le comparait à un Whitman français -, Fargue, Sylvia Beach, plus tard Morand (qui les connaissait par cœur) et Cocteau. Véritable légende, Levet est une référence pour plusieurs générations de poètes et d’écrivains.
Nouvelle édition en 2019

Texte de l’éditeur.

Paru le 14 février 2019

Éditeur : La table ronde

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.