Cartes postales

Auteur : Henry Jean-Marie Levet

Cartes postales

Henry Jean-Marie Levet était un jeune dandy qui, sous des allures d’esthète britannique, exerçait la fonction de diplomate. À sa mort, il avait seulement publié deux plaquettes de poèmes confidentielles avec des épigraphes de Laforgue et de Rimbaud. Il y eut aussi un Levet chansonnier et vaudevilliste qui collabora au Courrier français, l’un des journaux les plus importants de l’époque. Mais ce qui fera la gloire posthume de Levet, c’est la douzaine de poèmes constituant les Cartes postales qui ébahirent Larbaud - il le comparait à un Whitman français -, Fargue, Sylvia Beach, plus tard Morand (qui les connaissait par cœur) et Cocteau. Véritable légende, Levet est une référence pour plusieurs générations de poètes et d’écrivains.
Nouvelle édition en 2019

Texte de l’éditeur.

Paru le 14 février 2019

Éditeur : La table ronde

Poème
de l’instant

Treizième poésie verticale

Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.

Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance.

Roberto Juarroz, Treizième poésie verticale, traduit de l’argentin par Roger Munier, Librairie José Corti, 1993.