Ce n’est que l’enfance

Auteur : Bernard Vargaftig

<i>Ce n'est que l'enfance</i>

Prix de littérature Nathan Katz 2008.

Ce livre, écrit du 23 février 2004 au 30 janvier 2006, comporte une cinquantaine de textes tous écrits dans la même forme : des poèmes de quatre strophes de quatre vers chacune. L’ensemble est dédié par Bernard Vargaftig à la mémoire de son fils et cette dédicace donne la couleur du livre. Une douleur secrète s’y lit, qui ravive de plus anciens souvenirs. Rien n’est dit, mais par la magie des mots liés en d’étranges gerbes, tout affleure sans cesse.

Citons par exemple les deux premières strophes du premier poème : « Un cri nul désert / Un déplacement intérieur / Accomplissement exigence sans cesse / Autant que le présent vient de naître // Distance éparpillée ouverte / Une faille jamais éloignée / Avec la soudaineté pour devenir / Syllabe rien que l’incitation » Et les deux dernières strophes du recueil : « Terrasse étonnement mur gravier / L’ailleurs dénudé d’un ailleurs / Par la crainte dont la répétition se rapproche / Où c’est l’accomplissement qui s’ouvre // Écharpe et ruelle / Et sous l’échelle et l’échelle bouge / Comme dans l’aveuglement quelle syllabe / Vient du milieu de ton odeur ».

Quelque chose s’énonce entre les mots, comme par effraction. Comme une mémoire malgré l’écoulement des jours et l’oubli qui recouvre toutes choses.

Paru le 1er février 2008

Éditeur : Arfuyen

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.