Ce rien d’osier m’éclaire

de Henri Le Guen-Kapras

Ce rien d'osier m'éclaire

D’une écriture symbolique, ce recueil explore les interstices d’un corps imaginé et imagé. Ses métaphores brisent les limites de la conscience. « Avec le temps qui vagabonde, notre corps asséché se reflète dans un miroir de cendre ». Ainsi se révèle l’intransigeance d’un texte pétri d’humanisme où les gemmes royales de l’être cisèlent la témérité mystique.

Une pensée sensible, à la lisière d’une société apaisée de ses élans insidieux, tressaille dans un chant intérieur pour bâtir un éden métaphysique.

Henri Le Guen-Kâpras s’interroge sur l’indifférence d’un monde trop replié sur lui-même. En vérité, il s’attache à défendre la Beauté, un idéal que le poète cherche à honorer pour éclairer l’esprit du lecteur.

Originaire de Bretagne, après des études scientifiques à Angers et managériales à Lille, Henri Le Guen-Kâpras a publié à ce jour vingt-sept recueils de poèmes.
Il écrit depuis 1998, date à laquelle il a édité son premier recueil Le cœur sur la plume.

Semeur de graines pacifistes, il cherche à pourfendre la colère pernicieuse du monde. Cette quête le possède en permanence. Ce qui l’habite, poétiquement, c’est le partage de ses idéaux avec le lecteur qui fera preuve d’une âme contemplative façonnée à la lumière du questionnement.

Paru le 12 novembre 2020

Éditeur : Unicité.

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Stèles

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, - tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, - contemple-la de ton désir .

*

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

Victor Segalen, Stèles, « Stèle au désir », 1912.