Cellulairement

suivi de Mes Prisons

Auteur : Paul Verlaine

Cellulairement

« Rassemblant, sans doute après sa sortie de prison, les poèmes qu’il avait écrits pendant son incarcération à Bruxelles (du 11 juillet au 24 octobre 1873) puis à Mons (du 25 octobre 1873 au 16 janvier 1875), Paul Verlaine avait prévu le titre Cellulairement. C’est ainsi qu’il se présente sur le manuscrit réapparu en 2004, acheté par l’État et conservé au musée des Lettres et Manuscrits – manuscrit essentiel, publié dans le présent volume.

Après en avoir envisagé la publication, Verlaine y a renoncé, comme il a renoncé à ce titre. Tous les poèmes, à l’exception d’un seul, ont été repris, mais dispersés, dans des recueils ultérieurs. « Démembré par la suite » – à la différence d’Alcools qu’Apollinaire a plutôt remembré autour de son expérience de la prison et de la série de poèmes « À la Santé » –, Cellulairement n’en est pas moins un "recueil essentiel", comme le reconnaissait tout récemment Arnaud Bernadet. »

Pierre Brunel.

Paru le 5 avril 2013

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Claude Michel Cluny

Odes Profanes

Tout déjà était en toi
même l’âpre saveur des paroles des morts
Avec sur ta bouche close
leur goût d’indicible sel.
Mais empare-toi de l’absence et ose
Va avance aveugle et seul
Toute flèche aime sa cible.
L’enfance le sait qui, libre
(habiter Nulle Part est le plus sûr)
déchire sans innocence
son invisible futur.

Claude Michel Cluny, Odes Profanes, Éditions de la Différence, 1989.