Celui qui voit de ses yeux

Haïkus des maîtres japonais

Celui qui voit de ses yeux

Traduction et dessins d’Alain Blanc.

Tercet japonais de 17 syllabes, le haïku n’est pas qu’une forme littéraire très codifiée. Il est peut-être avant tout une manière de percevoir, d’éprouver, une attitude, une manière d’être ici et maintenant, tête désencombrée, ouverte. Autrement dit un art de vivre qui requiert, selon R. H. Blyth, quelques qualités essentielles comme désintéressement, solitude, consentement, oubli des mots, non-intellectualisme, accord, humour, liberté, amoralité, simplicité, sens du concret, amour, courage.
« J’ai réalisé, affirme Gary Snyder, que l’esprit du haïhu provient autant de l’esprit de la vie quotidienne que de la culture dite savante ».

Paru le 1er mars 2019

Éditeur : Voix d’encre

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

Votre œil se fixe sur un arbre harmonieux courbé par le vent ; dans quelques secondes, ce qui ne serait dans le cerveau d’un poëte qu’une comparaison fort naturelle deviendra dans le vôtre une réalité. Vous prêtez d’abord à l’arbre vos passions, votre désir ou votre mélancolie ; ses gémissements et ses oscillations deviennent les vôtres, et bientôt vous êtes l’arbre. De même, l’oiseau qui plane au fond de l’azur représente d’abord l’immortelle envie de planer au-dessus des choses humaines ; mais déjà vous êtes l’oiseau lui-même.

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, « Le Théâtre de Séraphin », 1868.