Champigneulles de mon enfance

Bernadette Throo

Champigneulles, en ce temps-là, c’était encore presque la campagne. On y cultivait de vastes jardins, comme celui où, sur la route de Bouxières, ma grand-mère tirait, d’un sol parfois rétif, de savoureux légumes.

Champigneulles, c’était aussi, c’était surtout, bien sûr, la Brasserie qui chaque semaine, livrait à mon grand-père, employé dans ses bureaux, une caisse de bière. Je le revois, les soirs d’été, attablé dans la cour devant sa petite canette dont l’enfant que j’étais s’efforçait d’aspirer la mousse !

Champigneulles, tout près de la ville pourtant - six kilomètres à peine –, ce fut pour moi, en ce temps-là, le libre espace des vacances, leur bonheur quotidien, le paradis d’enfance, lumineux et frais comme la bière qui moussait aux canettes de mon grand-père.

Poème
de l’instant

Fereydoun Faryad

Ciel sans passeport

Exil amer.
Aucune lettre, nulle visite.
Sauf un moineau
Qui s’est posé sur la fenêtre
Avec en son bec
Un vers de Sappho.

Fereydoun Faryad, Traduction de Jacques Lacarrière, Revue Caravanes 7, Éditions Phébus, 2001.