« Chanson »

Connais-tu son amour ?
C’est comme une pluie fine qui tombe
Et l’on marche sans se rendre compte.
Mais on sent qu’au bout de quelque temps
On est mouillé jusqu’à l’âme.
Son amour est ainsi.

« Chanson », Traduction de Gérard Chaliand, Anthologie de la poésie populaire kurde, Éditions de l’Aube, 1997.

Poème
de l’instant

Serge Sautreau

Rivière je vous prie

Loin, un instant, des rives, souvenons-nous, riverains des cours de porcelaine, souvenons-nous des loges de verre, entre flammes et idoles, où se pâmaient le mythe, la révolte, les tyrannies de la fin…

Loin, à l’instant, loin du poumon fertile, c’est l’origine qui appelle avec de longs herbiers ondulant sous la nacre, laissant apercevoir des sables habités, des galaxie solubles, des à-pics de massifs coulés s’engloutissant dans le vert sombre.

Pour invoquer. Pour éveiller le dieu. Pour ne jurer de rien. Pour accueillir. Rivière.

Serge Sautreau, Rivière je vous prie, Éditions l’Atelier le Ciel sur la Terre, 1997