Chants des saisons

Les poissons des rivières et des lacs,
N’envions pas leurs jeux
Après le retour du pêcheur
C’est le héron qui les guette
Toute la sainte journée, ils plongent et émergent
Ils n’ont point d’heures oisives

Li Jōng-bo, Chants des saisons, Anthologie bilingue de la poésie coréenne par Maurice Coyaud, Les Belles Lettres, 2009.

Poème
de l’instant

Stèles

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, - tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, - contemple-la de ton désir .

*

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

Victor Segalen, Stèles, « Stèle au désir », 1912.