Cheyne

En toute indépendance

Depuis 1980, Cheyne éditeur publie de la littérature contemporaine avec le double souci de faire connaître de nouveaux écrivains et poètes, et d’accompagner l’oeuvre de ceux qu’il a découverts. Vitalité et fidélité qu’a révélées, au fil ans, la création de six collections, toutes témoins de l’exigence de la maison et de son ouverture aux préoccupations de notre temps.
Dans le panorama de l’édition française, Cheyne fait entendre, à travers des oeuvres maintenant reconnues, une tonalité poétique singulière, où l’expression d’une expérience intérieure rejoint volontiers le questionnement.
Une diffusion indépendante auprès de libraires fidèles, un partenariat régulier avec les bibliothèques et de nombreuses lectures publiques, montrent la volonté de Cheyne d’aller sans cesse, et librement, à la rencontre des lecteurs.

Edition de poésie

Poésie contemporaine

Collection de poésie étrangère

Editions sonores

Collection de poésie pour la jeunesse

Livres d’artistes

Revue de poésie

Type de livres :
broché, illustré avec gravures

Mode de diffusion, de distribution
Nous-mêmes, livres vendus en librairies

Année de création : 1980

Nombre de parutions par an : 12

Tirage moyen : 1000

Auteurs phares  : Jean-Pierre Siméon, Jean-Marie Barnaud, Pascal Riou

Accepte de recevoir des manuscrits : que les bons !!

Editeur  : Jean-François Manier
Tél : 04 71 59 76 46
email : cheyne-editeur@wanadoo.fr

Contact

Au bois de Chaumette

07320

Devesset

Le réflecteur de la neige

26 novembre 2020

Le réflecteur de la neige

Prix de la Vocation 2020
j’ignore tout des cœurs où je ne suis pas
des jardins bleus
où ceux qui dorment ont les bras en croix
je porte sur mon dos les mots de mon passé
comme des enfants fragiles
ils sont plutôt légers
l’ongle gratte la pierre
et cela est inutile
ajouter de la poussière à la poussière
de l’incessant jeu de délier
une langue qui aura
la longueur
de ce (…)

Tomates de septembre

10 novembre 2020

Tomates de septembre

Traduction de Juliette Mouïren
La route du retour
Mes rêves sont des ombres
mon sommeil le poids
des fleurs de pommier
mais le matin est déjà chaud
le grondement poussiéreux des camions mêlé
aux claquements d’insectes des oiseaux
même après toutes ces
années à me réveiller je ne sais pas
ce que signifie ce monde
comment je continue à retrouver
mon chemin, une route toujours différente
à travers le noir
les infimes souvenirs qui brillent par intermittence
toi mon étoile polaire
The Way (…)

Atelier du silence de Jean d'Amérique

22 septembre 2020

Atelier du silence de Jean d’Amérique

Préface de Jacques Vandenschrick.
machine à écrire
reine aiguille manque de lenteur
est-ce retard que d’écrire
peu à peu l’encre
dégrade le silence
la vitesse parfois vient
dépouiller la page
contre tout
suffit seul
le poème

La neige couvrira tout

12 août 2020

La neige couvrira tout

Traduction de Jean-Baptiste Para
авещание
Договоримся так : когда умру, ты крест поставишь над моей могилой. Пусть внешне будет он как все кресты, но мы, дружище, будем знать с тобою, что это — просто роспись. Как в бумаге безграмотный свой оставляет след, хочу я крест оставить в этом мире.
Хочу я крест оставить. Не в ладах я был с грамматикою жизни. Прочел судьбу, но ничего не понял. К одним ударам только и привык, к ударам, от которых, словно зубы, выпадывают буквы изо рта. И пахнут кровью.
Testament
Mettons-nous d’accord : quand je serai mort, (…)

Chambre avec vues

24 juillet 2020

Chambre avec vues

réserve faite du coin en bas à droite, le reste de la page en manière noire et au burin : ronciers de tentacules enchevêtrés, courants qui s’entremêlent reptiliens – chaos de lignes souples, lentes et froides, telles des algues. à regarder de près, ce sont qui s’entrelacent les plombs fautifs d’un imprimeur, aux casses aberrantes, aux encres inconnues. de tous ces mots, peu sont lisibles, mais c’est assez pour ralentir sinon figer la chute du (…)

Brefs Déluges

23 juillet 2020

Brefs Déluges

Parfois, on ne sait pas ce qui brûle. On voudrait ne pas savoir. Les flammes gardent le secret de ce qu’elles consument, mais pas toujours. Il leur arrive de révéler les contours d’une forme sans substance ou plutôt dont la substance a été anéantie par le feu. Sur l’asphalte alors : des cercles noircis, des chiffons de cendre. Cela par les soirs de colère, quand les incendies continuent de battre des (…)

Pop-corn

15 juillet 2020

Pop-corn

Grandir dans la chute
à l’instant
où plus rien ne tient
où la gravité opère
le mouvement de tomber évase quelque chose
qui ne se replie plus.
Pour cette collection, Cheyne a commandé un texte inédit autour du thème « grandir » à six auteurs : Jean-Marie Barnaud, Loïc Demey, Albane Gellé, Clara Molloy, Ito Naga et Tania Tchénio, ainsi que six images à l’artiste Anne-Laure H-Blanc. Six livres différents, étonnants, émouvants à lire séparément ou à la suite : autant de rencontres entre auteurs et (…)

Grandirs

15 juillet 2020

Grandirs

Parfois surviennent des signes, lorsque les coïncidences se multiplient. Au moment de tomber amoureux ou d’avoir un enfant, lors de la perte d’un proche. Quelque chose d’inexplicable vient s’ajouter au réel. C’est le même principe qu’avec un vœu : il ne faut pas divulguer son secret, au risque de voir le charme se rompre. Personne ne va vous entendre. La beauté de ce que vous avez perçu se fane si vous cherchez à la partager.
Pour cette collection, Cheyne a commandé un texte inédit autour du thème « (…)

La Leçon de sourire - 'Ûdissa

15 juillet 2020

La Leçon de sourire - ’Ûdissa

Sourire, ce n’est pas rire. Les hyènes et les êtres cruels rient mais sont incapables de sourire. Le sourire, lui, n’exhale aucun son, il est une expression discrète, feutrée, une émotion qui n’est pas destinée aux foules ni aux menaces. Il naît du ventre, traverse et se nourrit du cœur, il se comprime à l’intérieur des poumons, remonte le buste puis relâche la mâchoire en irriguant de douceurs les lèvres, les joues, et de lueurs l’iris. Le rire retentit quand le sourire s’écoule, se répand, il s’anime au (…)

Allant pour aller

15 juillet 2020

Allant pour aller

Et pourtant se dit-il
Comme la beauté résiste
et parle fort !
Aucune douleur aucune plainte
ne déchirent
le bleu du ciel
Suffit d’une inflexion de voix
de l’abandon d’un regard
d’une caresse
pour ensauvager une âme
et la hausser
à sa vraie hauteur
Pour cette collection, Cheyne a commandé un texte inédit autour du thème « grandir » à six auteurs : Jean-Marie Barnaud, Loïc Demey, Albane Gellé, Clara Molloy, Ito Naga et Tania Tchénio, ainsi que six images à l’artiste Anne-Laure H-Blanc. Six (…)

Poème
de l’instant

Philip Larkin

Où vivre, sinon ?

Est-ce pour maintenant ou pour toujours
Que le monde est pendu à une tige ?
Est-ce pour un rendez-vous ou par ruse,
Ces bois trouvés pour aller faire un tour ?

Est-ce miracle ou mirage
Si vers les miennes se lèvent tes lèvres ?
Et les soleils, comme des balles de jongleurs,
Sont-ils une feinte ou un gage ?

Darde tes feux, mon ange surprenant,
Faisant front de tes seins à la peur coupe court,
Te prenant maintenant, je te prends pour toujours,
Car le toujours est toujours cet instant.

Philip Larkin, Où vivre, sinon ?, Traduit de l’anglais par Jacques Nassif, Éditions de la Différence, 1994.