Cheyne

En toute indépendance

Depuis 1980, Cheyne éditeur publie de la littérature contemporaine avec le double souci de faire connaître de nouveaux écrivains et poètes, et d’accompagner l’oeuvre de ceux qu’il a découverts. Vitalité et fidélité qu’a révélées, au fil ans, la création de six collections, toutes témoins de l’exigence de la maison et de son ouverture aux préoccupations de notre temps.
Dans le panorama de l’édition française, Cheyne fait entendre, à travers des oeuvres maintenant reconnues, une tonalité poétique singulière, où l’expression d’une expérience intérieure rejoint volontiers le questionnement.
Une diffusion indépendante auprès de libraires fidèles, un partenariat régulier avec les bibliothèques et de nombreuses lectures publiques, montrent la volonté de Cheyne d’aller sans cesse, et librement, à la rencontre des lecteurs.

Edition de poésie

Poésie contemporaine

Collection de poésie étrangère

Editions sonores

Collection de poésie pour la jeunesse

Livres d’artistes

Revue de poésie

Type de livres :
broché, illustré avec gravures

Mode de diffusion, de distribution
Nous-mêmes, livres vendus en librairies

Année de création : 1980

Nombre de parutions par an : 12

Tirage moyen : 1000

Auteurs phares  : Jean-Pierre Siméon, Jean-Marie Barnaud, Pascal Riou

Accepte de recevoir des manuscrits : que les bons !!

Editeur  : Jean-François Manier
Tél : 04 71 59 76 46
email : cheyne-editeur@wanadoo.fr

Contact

Au bois de Chaumette

07320

Devesset

Tant suivre les fuyards

3 août 2022

Tant suivre les fuyards

Les eaux noires glissaient près des campements, si pures sous les arbres des rives. On croyait entendre les guides conter sous les feuillages le récit de la fuite, les étendues amères parcourues chaque nuit, le vent arrachant les manteaux. Premiers jardins croisés au bord des rocs. Des femmes se lavaient. Le souvenir en vient à plusieurs. Un guide, si vieux qu’il pensait avoir reconnu d’anciennes pierres dressées, avait, par les larmes et le chant, avoué son (…)

Pas le temps

3 août 2022

Pas le temps

on appellerait cela aimer cette obscurité ouverte si on avait les mots dans la bouche aimer ce vide pour soi sans fond mais rien ici ne s’appelle on voudrait mais que voudrait-on on ouvrirait les bras les pieds fermes le dos cambré on renverserait la tête grande ouverte la bouche muette de joie en plein milieu et qu’elle vienne la nuit qu’elle caresse la peau non pas la surface qu’elle révèle sa profondeur irriguée de sang l’intérieur en soi une peau nue (…)

Par les ciels noués aux ciels

3 août 2022

Par les ciels noués aux ciels

Lorsqu’un soleil nous éveille nous sépare ô visiteuse tu écoutes la fable et ma demande de jardin ce corps où l’on s’empare de la belle écriture les ahans le pubis aux plus fins aiguillages

Géographies de steppes et de lisières

9 juin 2022

Géographies de steppes et de lisières

Je voulais construire une maison de lumière, tout était réuni pour que le chantier commence, les maçons s’adonnaient au travail avec ardeur et compétence, mais à chaque visite je commandais davantage d’ouvertures, jusqu’au jour où du projet il ne resta que des fenêtres. Aujourd’hui, chez moi, l’extérieur est dedans et le verbe sortir signifie regarder.

Contre-chant

18 mai 2022

Contre-chant

Tu rêves que tu danses, follement, au bras d’un cavalier, tu t’envoles… Vous dansiez, à Mariánské Lázně. C’était facile et délicieux. Vous dansiez tous les soirs, après les cours, tard dans la nuit. La valse, le tango, la samba. Au réveil, il te semble que tu pourrais danser encore, un instant, auprès d’un être avec qui tout serait possible. Dear maiden, écrivait Luke, dans une de ses lettres (d’amour). Il te vient, parfois, de furieuses envies de danser. À Noël, te souviens-tu, alors que nous écoutions (…)

Une odeur d'oiseaux chantants

18 mai 2022

Une odeur d’oiseaux chantants

Voilà mon rêve dit Mafou. C’est une fille avec des oignons dans la tête et qui nourrit toute la maison. On la pique régulièrement pour extraire un jus très fortifiant, très apte à faire grandir les petits et à garder en forme les plus grands. Une servante la baigne chaque soir dans une grande cuvette bleue comme la lavande et lui masse les pieds en murmurant des mots pleins qui chantent. Quand cette fille est fatiguée ou a besoin de repos, on l’emmène dans la cour, derrière, là où rien ne pourra la (…)

Minimalia

18 mai 2022

Minimalia

Traduit de l’italien (Suisse) par Christian Viredaz
Préfacé par Daniel Maggetti
Édition bilingue
Stiamo dormendo, dicono i morti,
vieni anche tu. Un momento
vado a cogliere le ciliegie
quest’anno sono proprio belle rosse
non posso lasciarle tutte ai merli
On dort si bien, disent les morts,
viens nous rejoindre. Pas tout de suite
il me faut cueillir les cerises
cette année elles sont vraiment belles rouges
je ne peux pas toutes les laisser aux (…)

Cavale Russe

18 décembre 2021

Cavale Russe

et dans mes yeux ces mois défilent comme si j’avais sauté d’une traite les neuf mille bornes et sept fuseaux horaires en un claque- ment de doigts et pendant tout ce temps j’ai seulement vu tout ce qu’il reste à voir je ne suis pas plus grand mais j’ai plus soif et dans ce bar de banlieue Ouest au bord de la Baltique avec les grues tournées vers l’intérieur des terres et le silence factice des vagues derrière la vitre j’observe les chalutiers et les marins rentrer en souriant au (…)

Dans l'herbe

1er septembre 2021

Dans l’herbe

dans l’herbe où je me dore, dieu
faites que oui
que la paresse m’abîme. à tout jamais je veux
que l’herbe
en feu, que les fourmis dévorent
mes tout petits mollets. mâchent mes peines
je le demande oui, que le,
que le soleil écrase
ou brûle ou tue mes tempes mes douleurs,
au moins un peu. surtout les plus rigides
s’il vous plaît. — passons nos vies dans la pelouse
à rêvasser, à vivre un peu
le peu d’espace
qu’on veut bien nous (…)

Demeurer suspendu

24 août 2021

Demeurer suspendu

Traduction de Bernard Banoun.
Collection « D’une voix l’autre »
Qué prisa les ha dado últimamente a los padres
de todos mis amigos por morirse,
como si fuera este el momento en que dejarnos a solas con nosotros mismos,
lo prometido desde nuestras cunas,
la abolición de los consejos
con que siempre iba engalanado el ceñudo futuro
y sin los cuales, en otra época,
no hubiéramos sabido qué hacer con nuestras vidas (…)
Qu’ils ont eu hâte, dernièrement, les pères
de tous mes amis, de mourir, (…)

Poème
de l’instant

François de Cornière

Quelque chose de ce qui se passe

Je soulève une pierre
et c’est ma vie dessous.

François de Cornière, Quelque chose de ce qui se passe, Le Castor Astral, 2021.