Ci Sur l’air de « Gentils coquelicots… »

Camille Loivier

Sur l’air de « Gentils coquelicots… »

Les coquelicots sont mes préférés plus j’en vois
Avec plus de force de les aimer, mai-juin comme
Des pavots l’opium de les savoir exister

Plus encore qu’ils disparaissent. Les terre-pleins des gares de banlieue
Juste avant le quai, pas fauchés, l’inaccessible par les grillages et les rails,
Où seule la campagne qui irait là.

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.