Ci Sur l’air de « Gentils coquelicots… »

Camille Loivier

Sur l’air de « Gentils coquelicots… »

Les coquelicots sont mes préférés plus j’en vois
Avec plus de force de les aimer, mai-juin comme
Des pavots l’opium de les savoir exister

Plus encore qu’ils disparaissent. Les terre-pleins des gares de banlieue
Juste avant le quai, pas fauchés, l’inaccessible par les grillages et les rails,
Où seule la campagne qui irait là.

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.