Ciné Poème

Le Printemps des Poètes a l’ambition de promouvoir la poésie auprès du plus grand nombre, la poésie d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs, la poésie dans tous ses états et quels que soient ses supports.
C’est parce qu’ils partagent le désir d’ouvrir l’art, sa pratique et ses œuvres contemporaines au plus large public que la Ville de Bezons et le Printemps des Poètes ont décidé de créer Ciné Poème, un festival de courts métrages unissant cinéma et poésie. C’est en effet dans le court métrage que l’on trouve illustré de façon la plus fréquente, la plus variée, la rencontre de la poésie et du cinéma.
Le court métrage, par sa brièveté, son art de l’ellipse et de la suggestion, son intensité émotionnelle, a de profondes affinités avec le poème. Il existe un répertoire très riche marqué par une grande diversité de tous les registres incluant le film numérique, l’animation, la vidéo.
Tout ceci prouve que le cinéma peut être un véhicule privilégié de la poésie propre à toucher un vaste public, particulièrement les non initiés qui, à l’aise avec les codes de l’image, se sentent souvent dépourvus devant le poème imprimé.

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.