Ciné Poème

Le Printemps des Poètes a l’ambition de promouvoir la poésie auprès du plus grand nombre, la poésie d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs, la poésie dans tous ses états et quels que soient ses supports.
C’est parce qu’ils partagent le désir d’ouvrir l’art, sa pratique et ses œuvres contemporaines au plus large public que la Ville de Bezons et le Printemps des Poètes ont décidé de créer Ciné Poème, un festival de courts métrages unissant cinéma et poésie. C’est en effet dans le court métrage que l’on trouve illustré de façon la plus fréquente, la plus variée, la rencontre de la poésie et du cinéma.
Le court métrage, par sa brièveté, son art de l’ellipse et de la suggestion, son intensité émotionnelle, a de profondes affinités avec le poème. Il existe un répertoire très riche marqué par une grande diversité de tous les registres incluant le film numérique, l’animation, la vidéo.
Tout ceci prouve que le cinéma peut être un véhicule privilégié de la poésie propre à toucher un vaste public, particulièrement les non initiés qui, à l’aise avec les codes de l’image, se sentent souvent dépourvus devant le poème imprimé.

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.