Cinq lèvres couchées noires

de Louis Adran

Cinq lèvres couchées noires

Avec cette lèvre abandonnée dans mes souvenirs nous ferons des denrées rares des métaux précieux

où vécurent nos mains me disais-je n’avait plus la moindre importance, qui cerclait les ombres la nuit ? qui d’un torse net dans le noir, d’une langue rêche dit « sortez de là maintenant, et dépliez vos jambes enfin ! » ?

et les genoux cassaient comme l’herbe sous le gel, et chantait un désordre des articulations, et dans la berline nos regards dansaient comme des mouches.

Paru le 12 février 2020

Éditeur : Cheyne

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lettre à George Sand

25 juillet 1833,

Mon cher George,

J’ai quelque chose de bête et de ridicule à vous dire. Je vous l’écris sottement, au lieu de vous l’avoir dit, je ne sais pourquoi, en rentrant de cette promenade. J’en serai désolé ce soir. Vous allez me rire au nez, me prendre pour un faiseur de phrases dans tous mes rapports avec vous jusqu’ici. Vous me mettrez à la porte et vous croirez que je mens. Je suis amoureux de vous, je le suis depuis le premier jour où j’ai été chez vous.

Alfred de Musset, 1810-1857, Lettre à George Sand.