Cinq lèvres couchées noires

de Louis Adran

Cinq lèvres couchées noires

Avec cette lèvre abandonnée dans mes souvenirs nous ferons des denrées rares des métaux précieux

où vécurent nos mains me disais-je n’avait plus la moindre importance, qui cerclait les ombres la nuit ? qui d’un torse net dans le noir, d’une langue rêche dit « sortez de là maintenant, et dépliez vos jambes enfin ! » ?

et les genoux cassaient comme l’herbe sous le gel, et chantait un désordre des articulations, et dans la berline nos regards dansaient comme des mouches.

Paru le 12 février 2020

Éditeur : Cheyne

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

« Fabulation »

« Cela » : humus formé par l’effritement et l’évaporation de nos rêves – diurnes autant que nocturnes ¬–, et que viennent féconder les songes ainsi qu’une abeille féconde les fleurs où elle butine. Les songes, montés (ou descendus ?) des confins du visible.

Sylvie Germain, « Fabulation », Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.