Circé – Poèmes d’argile

Auteur : Margaret Atwood

Circé – Poèmes d'argile

Bilingue anglais (Canada)/français
Préface de Murielle Szac

Qui ne connaît Circé, magicienne qu’Ulysse rencontre lors de son Odyssée ? Dans l’Antiquité, Homère la disait experte en drogues propres à opérer des métamorphoses. Par la suite, l’Histoire a souvent fait le procès de cette femme fatale qui transforme ses amants en porcs. Mais quelle Histoire ? Celle qui fut majoritairement écrite par les hommes. Dans Circé – Poèmes d’argile, Margaret Atwood renverse la table des représentations établies et des idées sexistes. En vingt‑quatre poèmes incisifs, elle brosse le portrait d’une femme libre – « forte et fragile à la fois, aimante et caustique », ainsi que l’écrit Murielle Szac – qui refuse de se plier aux exigences de la domination masculine. À travers elle, la romancière s’intéresse à la manière dont les femmes survivent dans les structures qui les déshumanisent. Et rêve pour elles d’un avenir meilleur.

C’est l’histoire qui compte. Ce n’est pas la peine de me dire que ce n’est pas une histoire, ou que ce n’est pas la même histoire. Je sais que tu as tenu toutes tes promesses, tu m’aimes, nous dormons jusqu’à midi et nous passons le reste de la journée à manger, la nourriture est superbe, je ne dis pas le contraire. Mais je me fais du souci pour l’avenir. Dans l’histoire un jour le bateau disparaît derrière l’horizon, il disparaît simplement, et on ne dit pas ce qui arrive ensuite. […] Ne te dérobe pas, ne me fais pas croire que tu ne partiras pas : dans l’histoire, tu pars, et l’histoire est sans pitié.

Paru le 21 mai 2021

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genres de la parution : Recueil Version bilingue

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

L’Impossible

La poésie révèle un pouvoir de l’inconnu. Mais l’inconnu n’est qu’un vide insignifiant, s’il n’est pas l’objet d’un désir. La poésie est moyen terme, elle dérobe le connu dans l’inconnu : elle est l’inconnu paré des couleurs aveuglantes et de l’apparence d’un soleil.

Ébloui de mille figures où se composent l’ennui, l’impatience et l’amour. Maintenant mon désir n’a qu’un objet : l’au-delà de ces mille figures de la nuit.

Georges Bataille, L’Impossible, Éditions de Minuit, 1962.