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Ma traversée du désert (d'Aswan à Abou Simbel)

1er avril 2013

Ma traversée du désert (d’Aswan à Abou Simbel)

Jean Foucault nous livre le désert à vue, il nous fait partager le mirage ondulant dans lequel tout objet apparaissant dans l’infini néant et granuleux prend une dimension extraordinaire et alimente sa réflexion et sa quête qu’un humour dissipateur d’angoisse jalonne et balise pour notre plus grand plaisir de lecteur…
Les poteaux permettent de mesurer
La hauteur du sable
Et d’évaluer ainsi
Ce qu’on pourrait appeler
Les crus du désert
Avec ses chutes de (…)

Poème
de l’instant

Stéphane Crémer

La Terre

Au sortir d’un rêve à Brasilia j’ai empoigné
la terre, déjà si âcre à mes mains
que leurs paumes m’ont paru des papilles
d’où montait un goût avec son parfum.

Quelqu’un est mort bien loin ce matin
et j’ai pensé, en me baissant jusque là
pour l’emporter à mon tour, que je saurais
l’y ensevelir à ma manière en secret.

Ainsi – car n’allons pas priver la poésie
de sa logique : ni car ni ainsi ne sont proscrits
du poème, ni aucuns mots, pourvu qu’ils s’unissent
en pensée par-delà les marges noires du faire-part ! – ,

ainsi je garde près de moi, dans des flacons
comme une épice sur l’étagère de ma cuisine,
ce pigment rouge du Brésil dont je sais qu’un jour,
empesé à l’amidon de mon choix, un beau jour

nous partagerons la délicieuse peinture mitonnée
qui montrera, aussi bien qu’une Joconde enfin
pour de bon éclipsée de son cadre, ce qu’il reste
de cette disparition : un paysage, et son horizon !

Stéphane Crémer, compost, Éditions isabelle sauvage, 2013.