Claude Vigée

Claude Vigée, né à Bischwiller en 1921. Après des études à Strasbourg, en 1938, il est évacué, puis expulsé d’Alsace avec tous les siens à la suite de l’occupation nazie. Etudiant en médecine, il participe à l’organisation de la résistance juive à Toulouse contre l’occupation hitlérienne et le gouvernement de Vichy, d’octobre 1940 à fin 1942. Il publie ses premiers vers dans la revue résistante Poésie 42, chez Pierre Seghers, à Villeneuve-lès-Avignon.
Il enseigne la littérature française aux Etats-Unis, ou il se réfugie dès 1943, puis en Israël de 1960 à 1983.

Claude Vigée a reçu plusieurs prix littéraires français et étrangers :
le Grand Prix national de Poésie (2013)
le Prix Elisabeth Langasser (2003)
le Prix Würth pour la littérature européenne (2002)
le Grand prix de Poésie de l’Académie française (1996)
le Prix de la Fondation du Judaïsme français (1994),
le Grand prix de Poésie de la Société des Gens de Lettres de France (Paris 1987),
le Prix Johann-Peter Habel (R.F.A. 1984),
le Prix Fémina Vacaresco pour la Critique (1979),
le Prix international Jacob-Burckhardt (Suisse, 1977),

Son oeuvre a fait l’objet de quatre colloques :

Université Ben-Gourion, Beer-Shéva (Israël), 1985 ;
Cerisy-la-Salle, 1988 ;
Université des Sciences Humaines, Strasbourg, 1989 ;
Université de Tel Aviv, 1999.

Extrait

Jérusalem

(…) Sur cette terre aride où, dans le sel des larmes,
Ne descendit jamais une goutte de pluie,
Le reste de l’exil vient comme la rosée.

Après tant d’abandons, de misère et de ruines,
Ce pays est vivant par la grâce d’un peuple,
Où régnèrent mille ans déserts et pestilence,

Manières de cailloux, marécages mortels,
Et cirques décharnés dont le calcaire est nu
Comme les os blanchis sur le crâne édenté.

Quel monde célébrer, langue de notre perte ?
Quel triomphe vêtir de la pourpre des ruines ?
Haut dans le froid, le linge des nuages
Claque sur la maison dans l’orage d’hiver.
Vent de Jérusalem, tu cours dans la montagne
Comme le grondement du jour qui doit venir. (…)

in, Le Soleil sous la mer, Flammarion, Paris, 1972

Bibliographie

  • L’homme naît grâce au cri : Poèmes choisis (1950-2012), Éditions Seuil, 2013.
  • Les sentiers de velours sous les pas de la nuit Éditions Les cahiers de Peut-être, 2012.
  • Rêver d’écrire le temps, de la forme à l’informe, Éditions Orizons, 2011.
  • Mon heure sur la terre, Éditions Galaade, 2008.
  • Être poète pour que vivent les hommes, choix d’essais 1950-2004
  • , Éditions Parole et silence, 2006.
  • Les portes éclairées de la nuit, Éditions Cerf, 2006.
  • La lutte vers l’ange, Éditions l’Harmattan, 2005.
  • Danser vers l’abîme, Éditions Parole et silence, 2004.
  • Dans le creuset du vent, Éditions Parole et silence, 2003.
  • La Lune d’hiver, Éditions Honoré Champion, 2002.
  • Le passage du vivant, Éditions Parole et silence, 2001.
  • Journal de l’été indien, Éditions Parole et silence, 2000.
  • Vision et silence, Éditions l’Harmattan, 1999.
  • La Lucarne aux étoiles, Éditions Cerf, 1998.
  • La Maison des vivants, images retrouvées, Éditions La Nuée bleue, 1996
  • Treize inconnus de la Bible, Éditions Albin Michel, 1996.
  • Aux portes du labyrinthe : poèmes du passage (1939-1996), Éditions Flammarion, 1996.
  • Un panier de houblon, tome2, l’Arrachement, Éditions JC Lattès, 1995.
  • Un panier de houblon, tome 1, La verte enfance du monde, Éditions JC Lattès, 1994.
  • Le Puits d’eaux vives, Éditions Albin Michel, 1993.
  • Dans le silence de l’Aleph, Éditions Albin Michel, 1992.
  • L’héritage du feu, Éditions Mame, 1992.
  • Apprendre la nuit, Éditions Arfuyen, 1991.
  • Wénderôwefîr / Le Feu d’une nuit d’hiver, Éditions Flammarion, 1989.
  • Heimat des Hauches, Éditions Elster, 1985.
  • Les Orties noires flambent dans le vent, Éditions Flammarion, 1984.
  • Pâque de la Parole, Éditions Flammarion, 1978.
  • Du bec à l’oreille, Éditions de la Nuée Bleue, 1977.
  • Le Soleil sous la mer, Éditions Flammarion, 1972.
  • L’Été indien, Éditions Gallimard, 1957.
  • Claude Vigée, la Corne du grand pardon, Éditions Seghers, 1954.