Collines, ratures

Auteur : Franck Doyen

Collines, ratures

Collines, ratures est un récit poétique fragmentaire qui prolonge l’échappée entamée avec Champs de lutte par la recherche d’une confrontation avec le mot-même et le groupe de mots. La tension ainsi provoquée, l’affrontement avec la page et la virgule, induisent un amaigrissement de l’écriture, convoquent les différentes couches du langage, et construisent un récit : un personnage (le vous auquel le texte s’adresse) est enfermé dans un wagon – un train l’emmenant vers une mort certaine. L’avancée inéluctable du train convoque ses souvenirs – mouvement inverse donc, remontée dans le temps vers une vie pastorale, montagnarde et rugueuse, proche des éléments et des animaux. L’adresse au vous déplace le lecteur dans un autre lieu, un ailleurs temporel et géographique, situationnel. Collines, ratures aborde encore une fois la problématique chère à l’auteur du cheminement et du déplacement, inhérents ici au nomadisme rural mais aussi imposés par la déportation. La violence faite au texte entre en résonance avec celle faite par l’histoire et l’humanité au langage, au corps et au paysage. aussi, ces proses poétiques, en exaltant à la fois les lieux, le corps, la parole, et les mots pour les dire, s’imposent au lecteur comme le jaillissement d’une veille qui ne cesse de le retenir : « … à moins que toute vérité ne soit là… rabattue sans cesse, mais tapie dans les plis de la phrase et du corps… ».

Paru le 1er juin 2016

Éditeur : La lettre volée

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Matthieu Messagier

post-verbum aux demains sans tutelles

la plupart des manèges et la nuit a tardé
dessus les restes hasards de sueurs nouvelles nées
et dès que les rôles emportent les légendes
là où les sons obtiennent le fard à déprendre
sur les voiles de larmes encore rugueuses
que le parage a abandonné derrière lui
des papillons de nuit aux teintes obscurantes
pour ce que leur vie arrête en ce royaume
soudain allument de biais sans que l’os y consente
les us inespérés de mondes en dense et séculiers
et les dés à découdre du moins résolvent les passés
et au chas des jeux de pôles se faufilent d’autres étés
si l’écho des odes après-voir offre la merveille
même surgie d’ailleurs où l’âme se porte sans appareil

inédit pour le Printemps des Poètes