Collines, ratures

Auteur : Franck Doyen

Collines, ratures

Collines, ratures est un récit poétique fragmentaire qui prolonge l’échappée entamée avec Champs de lutte par la recherche d’une confrontation avec le mot-même et le groupe de mots. La tension ainsi provoquée, l’affrontement avec la page et la virgule, induisent un amaigrissement de l’écriture, convoquent les différentes couches du langage, et construisent un récit : un personnage (le vous auquel le texte s’adresse) est enfermé dans un wagon – un train l’emmenant vers une mort certaine. L’avancée inéluctable du train convoque ses souvenirs – mouvement inverse donc, remontée dans le temps vers une vie pastorale, montagnarde et rugueuse, proche des éléments et des animaux. L’adresse au vous déplace le lecteur dans un autre lieu, un ailleurs temporel et géographique, situationnel. Collines, ratures aborde encore une fois la problématique chère à l’auteur du cheminement et du déplacement, inhérents ici au nomadisme rural mais aussi imposés par la déportation. La violence faite au texte entre en résonance avec celle faite par l’histoire et l’humanité au langage, au corps et au paysage. aussi, ces proses poétiques, en exaltant à la fois les lieux, le corps, la parole, et les mots pour les dire, s’imposent au lecteur comme le jaillissement d’une veille qui ne cesse de le retenir : « … à moins que toute vérité ne soit là… rabattue sans cesse, mais tapie dans les plis de la phrase et du corps… ».

Paru le 1er juin 2016

Éditeur : La lettre volée

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Emmanuel Moses

Il était une demi-fois

Donnez-moi un mot
J’en ferai deux, j’en ferai trois
Et puis cent, et puis mille
Et quand je ne pourrai plus compter
Je repartirai en arrière
Jusqu’au tout premier
Qui sera le dernier.

Il était une demi-fois, Emmanuel Moses, illustré par Maurice Miette, Éditions Lanskine, 2019, p.32.