Comme la pluie qui tombe sur la terre rouge - Poésie tamoule de l’époque Sangam (8ème siècle)

Les historiens s’accordent à situer entre les années 200 av. J.-C et 300, voire 600, de notre ère, l’émergence de la littérature tamoule (liée à l’apparition de la grammaire, Thol Kaappiam). Vers le 1er siècle av. J.-C, les créations littéraires tamoules ont été compilées sous forme de 10 longs chants et 8 anthologies. Ce corpus de 18 ouvrages contient quelque 2 381 poèmes, écrits par environ 473 poètes (hommes et femmes exerçant divers métiers et appartenant à différentes couches sociales), dont 102 anonymes.
Les poèmes traduits ici proviennent de cinq recueils faisant partie des huit anthologies établies par la troisième Sangam (ou "académie") : Einkurunuuru, Kurunthokai, Puranaanuuru, Pathirtrupatthu et Pari Paatal.
La poésie Sangam est peu connue du public français. Pourtant, elle témoigne d’une volonté de rassemblement, de sélection, de conservation et de diffusion de la littérature d’Inde du Sud comparable à celle du Japon qui, quelques siècles plus tard, a permis de transmettre le richissime corpus poétique des haïkus, mondialement diffusés et pratiqués.
Poème
de l’instant
Juneau
Had I been there
Looking across at the glacier
And wondering why it recedes
And does not advance,
I would surely have gone
To the little cafe on the wharf
And lunched on fresh halibut.
I would have been
Where I ought to have been,
In my mind, fishing deep waters.