Comme la pluie qui tombe sur la terre rouge - Poésie tamoule de l’époque Sangam (8ème siècle)

Comme la pluie qui tombe sur la terre rouge - Poésie tamoule de l'époque Sangam (8ème siècle)

Les historiens s’accordent à situer entre les années 200 av. J.-C et 300, voire 600, de notre ère, l’émergence de la littérature tamoule (liée à l’apparition de la grammaire, Thol Kaappiam). Vers le 1er siècle av. J.-C, les créations littéraires tamoules ont été compilées sous forme de 10 longs chants et 8 anthologies. Ce corpus de 18 ouvrages contient quelque 2 381 poèmes, écrits par environ 473 poètes (hommes et femmes exerçant divers métiers et appartenant à différentes couches sociales), dont 102 anonymes.

Les poèmes traduits ici proviennent de cinq recueils faisant partie des huit anthologies établies par la troisième Sangam (ou "académie") : Einkurunuuru, Kurunthokai, Puranaanuuru, Pathirtrupatthu et Pari Paatal.

La poésie Sangam est peu connue du public français. Pourtant, elle témoigne d’une volonté de rassemblement, de sélection, de conservation et de diffusion de la littérature d’Inde du Sud comparable à celle du Japon qui, quelques siècles plus tard, a permis de transmettre le richissime corpus poétique des haïkus, mondialement diffusés et pratiqués.

Paru le 1er septembre 2016

Éditeur : PO&PSY

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.