Comme si de rien

Auteur : Jacques Ancet

Comme si de rien

95 sizains et 2 proses dont une inaugurale pose l’enjeu de ce livre : écrire le jour, ses odeurs, ses lueurs, ses rumeurs. Ce qui s’approche, s’éloigne et le lieu même de cet enjeu : le poème comme une fenêtre. Un petit rectangle de mots qui donne sur ce qu’on ne sait pas…

Comme si de rien m’apparaît comme un livre plein de cette tendresse dont parle Bernard Noël à propos des poèmes de Jacques Ancet, tendresse comme celle d’un reste de présence en train de dissoudre, comme celle d’une vibration continue dont l’intonation imprègne tout du vocabulaire à la syntaxe. Tendresse d’un ton fait de simplicité, d’euphonie, de fluidité dans les agencements verbaux, de retenue. Tendresse d’un ton qui met tout en rapport avec tout. Ton d’un chant si le chant est le point de tangence du subjectif et de l’objectif, écrivait Michel Leiris. Alain Freixe

Paru le 1er juin 2012

Éditeur : L’Amourier

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.