Comme si dormir

Auteur : Laurence Bouvet

Comme si dormir

Auteur : Laurence Bouvet

Parution : le 31 janvier 2013

Le mot de l’éditeur : Un jour, Laurence Bouvet m’a dit : « Ma mère est morte après avoir regardé à la télévision un feuilleton nommé La mort est un poème ». Je connaissais depuis quelques années la poésie de cette auteure, psychologue de formation, dont l’écriture scrute l’intime. Mais c’est de cet échange que date véritablement notre rencontre. Comme si dormir n’évoque pas seulement les circonstances qui lient de façon troublante la mort de sa mère à la poésie. Dans ce long poème, où se mêlent le chagrin et l’humour, la déréliction et un travail sur la langue, Laurence s’adresse à celle qui n’est plus. Son chant suit les méandres d’un bouleversement intérieur, dessine le cadastre d’une présence perdue. Et retrouve, sous le chaos des émotions, la langue miraculeuse de l’enfance.

Extrait :

« C’est-à-dire que ton rire rit en moi
Que ta mort mord en moi
Qu’il est des moments où je voudrais t’imiter
Mais à moins de mourir chacune à mon tour
Celui-ci n’est pas joué
Déjà ton air roulant sur ma peau d’herbe et de vitre »

Paru le 1er mars 2013

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lydie Dattas

Le Livre des anges

« L’obstacle du chagrin »

Rien ne m’enlèvera la joie d’être vivante :
je chérirai la vie jusqu’à mon dernier souffle.
Le bonheur me rendait la vie intolérable
à l’âge où je voulais mourir pour être heureuse.
Le malheur me prenait le meilleur de mon temps,
le bonheur se plaignait de ne jamais me voir
quand le soleil soudain s’est mis de mon côté.
J’ai franchi d’un seul coup l’obstacle du chagrin :
j’ai revu le sourire incroyable des roses
et ce bleu plus profond que toutes nos pensées.
La joie ne pourra plus assombrir mon esprit,
je vis sous un soleil que j’ai trouvé en moi.

Lydie Dattas, Le Livre des anges, Poésie/Gallimard, 2020.