Comme venu des lointains de Michel Leclerc

Qui parle ? D’où vient la parole et à qui s’adresse-t-elle ? Le monde perçu comme un murmure lointain est-il le réel ou un avatar du vrai ? Ne percevons-nous du monde que son écho et sa vision amoindris ? Et si la réalité, comme la poésie, ce frémissement tragique et bref, n’était après tout que la "déformation cohérente" (André Malraux) d’un monde qui ne peut s’imaginer hors de soi. Comme venu des lointains explore les limites de l’identité, telles qu’elles se forgent dans le dialogue avec l’humanité et dans la relation avec la nature. Raison, désir, amour forment les trois piliers de cet itinéraire poétique où les mots de la raison revêtent aussi les oripeaux d’une fragile lucidité. Penser l’Autre comme s’il était soi, sans limite ; désirer le monde, en effleurer l’étrangeté légère dans l’espérance et la désolation du quotidien, de l’universel et de l’intime ; aimer pour ravir à la mort une parcelle de sens. Poésie du doute et de l’incertitude, mais aussi d’une espérance toujours vive d’un autre visage pareil au sien.
84 p.
14,95$
ISBN 2-89018-490-0

Paru le 1er décembre 2002

Éditeur : Le Noroît

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Une tristesse bleue et grise

Évidemment l’orgueil et la trouble passion
Les papiers arrachés, bien sûr, les volets clos
Les livres sans mémoire et presque à l’abandon
L’étui de ton violon fermé comme un sanglot
Mais penser à tes gestes carrés vers les miens
La presque cruauté, la langueur infinie
Le rire en plein désir et les larmes à la fin
M’ont fait aimer la mort et préférer la vie

Sarclo, Une tristesse bleue et grise, « Éloge d’une tristesse », Côtes du Rhône Productions, 1992.