Commencements

Auteur : Djalila Dechache

Commencements

Avec des calligraphies de Ghani Alani.

Djalila Dechache travaille depuis quinze ans en Seine Saint-Denis comme attachée culturelle dans le domaine du spectacle vivant. Ayant entrepris des études d’arabe aux Langues Orientales et participant aussi à de nombreux récitals poétiques, elle habite désormais toutes ses langues : langue de la petite enfance, langue de l’écriture, langue des poètes, langue arabe, classique et dialectale, langue française… Ecrit en France, en Algérie et en Syrie, Commencements est son premier recueil, imprégné d’émotions enfin retrouvées.

Ghani Alani est l’héritier des écoles de Bagdad et de Turquie. Maître-calligraphe, unique détenteur d’une double izajé, artsite de renommée internationale, philosophe, érudit en mouvement perpétuek, il est "l’homme parfait" selon la définition d’Ibn Arabi.

Multitude
Il y a
des regards
très regardants
qui regardent beaucoup,
perçants.
Certains vous ôtent le visage,
restent les
stigmates.
d’autres
- très puissants -
peuvent vous extirper
un bout de l’âme :
il faudra plusieurs jours pour vous reconstituer."

Paru le 1er septembre 2006

Éditeur : Marsa

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage