Complainte du mangeur solitaire

Julien Syrac

Complainte du mangeur solitaire

Les tercets qui composent la Complainte lui donnent un rythme brutal et cadencé, préservant la sincérité de la voix. Le discours du mangeur, haletant et nerveux, fait écho à l’atmosphère urbaine chaotique, mais est aussi tissé d’habitudes et de résignation. Ce héros donquichottesque ne cherche ni à séduire ni à convaincre, simplement à dire ce qu’il a sur le cœur. C’est par ce chant intime qu’un homme sans auditoire accède à sa libération. Un chant qui parle aussi pour les mangeurs, vous, nous, et qui devient universel.

Texte de l’éditeur.

Paru le 14 mars 2019

Éditeur : Gallimard

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.