Comprendre la vie

Auteur : Charles Pennequin

<i>Comprendre la vie</i>

« Tous les matins je me lève je suis mort de rire », cette phrase, on la trouve à la page 22 du livre de Charles Pennequin et elle en donne bien la tonalité. Quant à cette autre : « tout amour vrai est un coup foireux porté à soi-même » elle en indique sinon le sujet principal, au moins une préoccupation récurrente car s’il s’agit de « comprendre la vie » l’amour est une question centrale… Ainsi entre rire grinçant, tragique et comique à la fois, et interrogations qui cachent soigneusement leur gravité derrière une véhémence grotesque sans pitié, Charles Pennequin se livre à un massacre en règle de toutes les croyances, les habitudes, les illusions qui nous aident à vivre. Il le fait à sa manière inimitable, maîtrisée comme jamais, qui mêle une connaissance parfaite, intime presque, des tournures les plus populaires, des références d’une trivialité réjouissante, une sensibilité exacerbée, et un talent de la scansion qui fait quasiment entendre la voix de l’auteur.

Paru le 1er mars 2010

Éditeur : POL

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage