Contre la nuit

Auteur : Stéphane Bataillon

Contre la nuit

« Changer l’abord du jour qui commence » par le poème : tel est le vœu que formule Stéphane Bataillon dans ce recueil écrit pour faire barrage au bruit et à la fureur du monde. À la remontée des haines et à l’asservissement de l’homme par la force des algorithmes. À la tyrannie de la vitesse et aux crispations identitaires. Et s’il emprunte le titre des sections qui composent son recueil à la langue utilitaire, parlant de burn-out ou de limiteur de vitesse, c’est pour mieux dénoncer ce qui fait aujourd’hui obstacle au bonheur et à l’élargissement de notre liberté. L’enfance que l’on préserve en soi, la quête de son propre rythme, la tendresse… Telles sont les réponses que ce recueil d’écologie numérique apporte, en zone de turbulences, à qui décide de prendre le temps de vivre et de contempler le vivant. Une parole essentielle.

Extrait :

J’ai l’idée d’un poème
qui changerait l’abord
du jour qui commence

Qui te ferait sentir
le rayon de lumière
frappant la feuille tombée

Qui te rappellerait
d’une suspension de l’air
la beauté qui se cache

Dans ce tumulte-là.

Texte de l’éditeur.

Paru le 4 avril 2019

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.